Ce projet serait sous la direction de : M. Laurent CANER (IC2MP), M. Raphaël GROS (Aix Marseille Université)
Unités de recherche : IC2MP – Equipe HydrASA
Ecole doctorale : Rosalind Franklin – énergie, environnement, bio santé
Intitulé du sujet :
Impact des installations agriphotovoltaïques sur le fonctionnement des sols de prairies d’élevage
Mots clés : Santé des sols, biodiversité édaphique, services écosystémiques des sols, agriphotovolatïque
Début de thèse : à partir du 01/10/2026 (pour une durée de 36 mois à temps plein)
Résumé :
Cette thèse vise à évaluer les impacts de l’agriphotovoltaïsme (AGRIPV) sur la santé des sols de prairies d’élevage en France. Bien que l’AGRIPV réponde aux objectifs de production d’énergies renouvelables, ses effets sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques des sols restent peu connus, notamment sur leur capacité à réguler l’eau, stocker le carbone et soutenir la biodiversité.
Le projet, financé par l’ADEME dans le cadre du programme AgriPhotoSol (2026-2030), se déroulera en trois étapes :
Synthèse bibliographique pour identifier les indicateurs de qualité des sols adaptés aux prairies soumises à l’AGRIPV, en s’appuyant sur les travaux de l’INRAE.
Échantillonnage et analyse sur des sites expérimentaux en France de l’Ouest. Des transects couvrant les rangées de panneaux et les inter-rangs, ainsi qu’une parcelle témoin, seront étudiés. Les analyses porteront sur la structure du sol (masse volumique), la biomasse microbienne, les activités enzymatiques (cycles du C, N, P) et la respiration du sol.
Analyse des résultats pour quantifier les impacts en comparant les données des parcelles équipées à celles des parcelles témoins, en tenant compte des variations pédoclimatiques et de gestion des ressources fourragères.
L’objectif final est de développer des indicateurs opérationnels pour évaluer et potentiellement atténuer les effets de ces installations sur la fonctionnalité écologique des sols agricoles.
Contexte et problématique :
L’agriphotovoltaïsme (AGRIPV), combinant production d’électricité photovoltaïque et agriculture sur une même parcelle, se développe rapidement en France pour répondre aux objectifs nationaux et européens de production d’énergies renouvelables. Les infrastructures AGRIPV peuvent modifier les propriétés physiques (structure, compaction, températures…) et biologiques des sols (diversité, abondance et activité des organismes) et ainsi altérer leur capacité à assurer différentes fonctions essentielles telles que la régulation de l’eau, le stockage du carbone, la fourniture de nutriments et le soutient à la biodiversité.
Cependant les effets de ces installations et de leur exploitation sur la santé des sols et leurs fonctions écologiques sont peu connus, en particulier sur des sols à vocation agricoles. Une évaluation dans le temps est essentielle pour évaluer les conséquences des installations et la re-fonctionnalisation potentielle des sols qui pourrait s’en suivre.
Description du sujet :
L’objectif du travail de thèse sera de quantifier les impacts des installations agriphotovoltaïques sur la qualité des sols, évaluée au travers de ses propriétés physiques, chimiques et biologiques. Des indicateurs opérationnels seront développés pour évaluer ces impacts, en s’appuyant sur la synthèse proposée par l’INRAE « Préserver la qualité des sols : vers un référentiel d’indicateurs » (Cousin et al., 2025) et en l’adaptant au contexte de sols de prairies avec élevage avec production d’électricité photovoltaïque.
La thèse s’inscrit dans le projet AgriPhotoSol (Impact des Installations AGRIPHOTOvoltaïques sur la santé des SOLs de prairies d’élevages et bonnes pratique) financé par l’ADEME. La thèse bénéficie d’un financement dans le cadre de ce projet (salaire et fonctionnement).
Méthodologie et mise en œuvre :
La première étape du travail de thèse consistera à réaliser une synthèse bibliographique des impacts de l’AGRIPV sur les sols et la production agricole, ainsi qu’à identifier des indicateurs de qualité des sols adaptés aux prairies d’élevage soumises à ce type de contrainte.
La deuxième étape correspondra à une phase d’échantillonnage et d’analyse des sols dans les différents sites expérimentaux dans l’Ouest de la France. Pour chaque site des transects couvrant les rangées de panneaux et les inter-rangs, seront échantillonnés pour étudier la variabilité intra-parcelle. Une parcelle témoin sera également étudiée. Les effets sur la structure du sol seront identifiés par une description morphologique des sols avec une attention particulière la masse volumique apparente des horizons. La caractérisation biologique comprendra la détermination de la biomasse microbienne moléculaire (partenaire NOVASOL-Experts) et de certaines activités enzymatiques (cycles du C, N, P) et la respiration du sol (IMBE).
La troisième étape du travail de thèse correspondra à l’analyse des résultats en comparant les données issues des parcelles avec des installations aux données de référence des parcelles témoins pour mettre en évidence et quantifier l’impact des installations. Les impacts prendront en compte différentes situations pédoclimatiques et de gestions de la ressource fourragère.
Profil recherché :
Master 2 en science des sols, biogéosciences, agronomie
Connaissances souhaitées en science des sols, biogéochimie et/ou écologie des sols
Connaissance des analyses statistiques des données (logiciel R) et des outils de recherche bibliographique.
Bonnes capacités rédactionnelles et de synthèse en français et en anglais.
Autonomie, rigueur scientifique, appétence pour le terrain, le travail en laboratoire et le travail en équipe.
Contacts pour plus d’informations et pour candidater jusqu’au 29/05/26 :
Laurent CANER (laurent.caner@univ-poitiers.fr), Professeur à l’université de Poitiers, Institut des Milieux et Matériaux de Poitiers – IC2MP – Equipe HydrASA
Raphael GROS (raphael.gros@univ-amu.fr), Professeur à l’université d’Aix-Marseille – Saint Jérôme – Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie
